Notre Journée Type
Cristal, ou le cirque à taille humaine

Le cirque cristal, c'est eux : Gaïd Riou, une bigoudène tombée dans le cirque étant petite qui rêvait de travailler avec les fauves et lui, Henri Massardier, de la "7ème génération des Kerwich", une longue lignée "d'enfants de la balle".
En signant des autographes, Henri et Gaïd regardent partir leurs derniers spectateurs. Il est 22h30. Dans le camping encore humide de la pluie qui a trempé le chapiteau, ils vont démonter leur matériel et d'ici deux heures ils auront enfin terminé leur journée.
Comme beaucoup d'autres cirques itinérants qui écument plages et campings du littoral, chaque jour durant l'été, la Cirque Cristal, installé à Pornic, va de par le Pays de Retz, au sud-ouest de nantes, proposer son spectacle.
Leur vie de fous, ils l'aiment, ils l'ont choisie. Lui parce qu'il a toujours connu ça, faire le clown, jongler. Elle, née "en château", a préféré quitter le milieu bourgeois familial, pour le monde du cirque dès l'âge de 14 ans.
Après avoir écumé chacun de leur côté les "gros cirques" comme les Zavatta, les "usines"comme ils disent, ils se rencontrent au cirque de Paris (de M. Schoeller) et concrétisent leur rencontre en 1999 par la création du Cirque Cristal.
"Henri avait les connaissances, les capacités, moi j'avais le financement", explique Gaïd. Depuis à eux deux, ils assument tout, de l'administration à l'installation du matériel.
Les journées sont longues, de 05hoo à 01hoo : trois heures pour faire le traçage et monter leur petit chapiteau qui accueille une centaine de personnes, un atelier cirque pour les enfants le matin, les répétitions, l'entretien du matériel, des animaux, et le soir, plus d'une heure de spectacle avant de tout démonter.
"Qu'on soit dans un petit cirque ou dans un gros, ça ne change rien, c'est toujours la course", raconte Gaïd. Mais être à deux avec cette scène qui touche le public, c'est pour eux un plaisir, même si parfois les mauvaises surprises sont au programme quand, après avoir tout préparé pendant des heures, le public n'est pas au rendez-vous.
"Le truc, il est dans le bonhomme"
"Des fois, on fait des spectacles devant dix personnes, c'est hyper dur... ça vous coupe les jambes", poursuit Henri.
Alors, après avoir travaillé quatre ans à leur compte, ils ont décidé en 2004 de ne travailler que pour les privés.
Les campings payent l'animation, les clients entrent gratuitement et durant l'année ils animent fêtes et autres arbres de Noël. Fini les tournées infernales et l'angoisse de la recette. Même le chapiteau, ils le montent de plus en plus rarement, préférant installer un cirque en plein air, à l'ancienne.
Sur scène, ils parviennent à un rythme éffréné à se rendre multiples.
Gaïd assure la magie, en faisant apparaître et jouer des pigeons capucins dressés, et lapins. Henri, lui, avec ou sans maquillage, est le clown, jongleur et dresseur du poney sheytland "Bibi", et des chiens savants Aglaé, Chopin et Toy.
Le contact avec le public est direct. Les enfants n'hésitent pas à venir sur scène pour tenter de découvrir les "trucs" d'Henri mais sans jamais trouver la faille car, comme leur dit le clown, "le truc , il est dans le bonhomme".
Et le pari est gagné, à la fin du spectacle, les enfants et les parents du camping repartent la tête pleine de rêves...